1940 : On n'a jamais vu autant de monde refuser de résisterLe 19 juin, les allemands capturent 200 000 soldats. Le 22, c'est 200 000. Le 23, c'est 500 000.
A la fin de la guerre-éclair, l'Allemagne totalise 2 millions de prisonniers français.
Le nombre de soldats français ayant échappé à la capture par la fuite est de 1,7 à 1,8 millions.
La résistance à partir de 1943 :- Février 1943 : Instauration du STO (Service du Travail Obligatoire). Pour y échapper, et pas forcément pour se battre contre les Allemands, des milliers de jeunes se cachent.
- Octobre 1943 : 20 000 résistants, pour la plupart réfractaires au STO (estimations d'Henri Amouroux)
Autres estimations Guillain de Bénouville : 10 000
Services allemands : 130 000
Marie Granet et Henri Michel : 75 000 (en comptant les affiliés aux réseaux clandestins)
- Mars 1944 : 30 000 à 40 000
- Juillet 1944 : 200 000
- Fin de la guerre : 300 000
Un peu plus de 260 000 cartes de Combattant Volontaire de la Résistance ont été délivrées jusqu'en 1996 (Source : Ministère des Anciens Combattants et Victimes de Guerre) .
Les étrangers en première ligne :
Philippe Ganier-Raymond assure que 300 000 immigrés, sur trois millions vivant alors en France, ont participé à la Résistance. Cinquante mille étaient armés.
Ils auraient effectué, au cours des dix-huit mois qui ont précédé la mort des hommes du groupe Manouchian (21 février 1944) «la majorité des actions de la Résistance dans la région parisienne».
Ils sont vingt-trois, parmi lesquels seulement un Francais, Roger Rouxel, ouvrier tourneur de Vitry-sur-Seine, et un Breton, Georges Cloarec.
Claude Lévy écrit que certains résistants francais ont inscrit à leur crédit des attentats réalisés par les hommes de la MOI (Main d'oeuvre Ouvrière Immigrée) pris et fusillés par les Allemands. II cite l'exemple de l'exécution, en plein Paris, de Ritter, délégué allemand au STO, exécution dont les auteurs de l'ouvrage Le Parti communiste francais dans la Résistance, omettent de dire qu'elle fut l'oeuvre d'un groupe d'immigrés.
(Les Parias de la Résistance, Claude Lévy. Ed. Calman-Levy, 1970)
Pannequin, ancien communiste, authentique résistant, affirme que, selon l'un des résistants juifs les mieux informés, la plupart des exploits des FTP parisiens dont il avait entendu se vanter tant de héros français avaient été accomplis par deux Juifs avec leurs hommes, Joseph Bolzov pour les déraillements de trains et Marcel Rayman pour les coups de main...
(Adieu Camarades !, Roger Pannequin. Ed. Le Sagittaire, 1977)
Geneviève de Gaulle Anthonioz estime à 35 000 le nombre d'Espagnols résidant en France pendant la guerre, fusillés, morts dans les combats ou dans les camps de concentration.
( Ces femmes espagnoles, de la Résistance à la Libération. Geneviève de Gaulle-Anthonioz. Ed. Tirésias, 1994)
Serge Klarsfeld, en enquêtant sur les fusillés du Mont-Valérien, aboutit à une remise en cause des chiffres officiels. Il s'aperçoit que le chiffre des 4500 fusillés est faux. Le nombre de Juifs fusillés est de 175 sur un total réel de 1007, soit plus de 17%. Nous sommes très au-dessus du pourcentage des Juifs dans la population totale.
(Les Juifs dans la Résistance. Dir Monique-Lise Cohen et Jean-Louis Dufour. Ed. Tirésias, 2001)Les Déportés
76.000 hommes, femmes et enfants français furent déportés pour motif racial (essentiellement les Juifs, plus quelques centaines de Tziganes)
2.400 rescapés, soit 3,16 %
81.000 Français ou étrangers résidant en France furent déportés pour des motifs non raciaux.
23.000 rescapés, soit 28,40 %Les Résistants :
- Nombre de résistants tués, fusillés, morts sous la torture ou en déportation : 77 615
- Nombre de disparus : 2.782
- Attribution de cartes du combattant après la guerre : 260 000
Total de résistants sur la population totale : 0,82%.
Si l'on retient uniquement la population en mesure de résister (individus entre 20 et 60 ans), on n'atteint pas les 2% de résistants (moins d'un Français sur 50).L'épuration
105 000 ? C'est le chiffre donné en février 1945 par Adrien Tixier, Ministre de l'Intérieur, au colonel Passy, chef d'état-major du général commandant les FFI. Le colonel Passy révèle ce nombre oralement en 1950 devant le comité radical-socialiste du VIIIème arrondissement, puis par écrit à l'ancien député Jean Montigny (« Il y aurait eu 105 000 exécutions sommaires entre juin 1944 et février 1945 »).
97 000 ? C'est le nombre de « victimes civiles pour causes diverses » dues à la guerre 39-45, rendue publique en 1948 par François Mitterand, alors Ministre des Anciens combattants.
30 à 40 000 ? C'est l'estimation de Robert Aron dans son livre « Histoire de l'Épuration ».
10 842 ? C'est le chiffre avancé par le général de Gaulle dans ses Mémoires de guerre (Le Salut, 1959), chiffre voisin d'un rapport de gendarmerie de 1952. Cette enquête précisait que les exécutions sommaires sont celles qui ne sont pas « précédées d'un jugement par un tribunal de fait ». Or, dans la mesure où de Gaulle n'a pas repris les pouvoirs de Pétain, il n'y a pas eu continuité du pouvoir d'État, et il n'a plus existé de tribunaux légaux pendant plusieurs mois. Les groupes autoproclamés de résistance locale, tribunaux populaires et cours martiales improvisées, qui ont agi en toute impunité pendant plusieurs mois, étaient des tribunaux de fait...
D'un côté 77 615 résistants tués en 4 ans. De l'autre 30 à 40 000 exécutions sommaires en moins d'un an (si l'on retient l'estimation intermédiaire, qui est celle de Robert Aron)...
Un simple calcul montre que l'Épuration, bien française, a tué avec deux fois plus de férocité que l'occupation allemande.